Il est rare qu’un artiste, et encore moins un chanteur, soit cité pour ces conseils entrepreneurials. Cette place revient en principe toujours aux mêmes grands chefs d’entreprise: Steve Jobs et autres Henry Ford, voire à des politiques comme Churchill ou des religieux comme le Dalaï Lama. Pourtant, même s’ils proviennent de domaines très différents, ces gens ont une grande chose en commun : l’énergie qu’ils mettent à atteindre leur but.

Se lancer comme auteur-compositeur-interprète est aussi un risque entrepreneurial. À travers son expérience, Jacques Brel nous livre de précieuses informations que ce soit dans ses chansons ou dans ses interviews. Cet article est l’occasion de revenir sur ses conseils avisés.

 

Rêver un impossible rêve

Tout commence par un rêve. Cette simple phrase pourrait tout résumer de l’étincelle entrepreneuriale et de tous les démarrages créatifs. Les motivations de départ d’un véritable entrepreneur sont : un rêve, une idée, une vision et aucunement l’argent.

Le Grand Jacques l’explicite parfaitement « On ne réussit qu’une seule chose: ses rêves ». On ne met de l’énergie qu’à une chose : le rêve de notre vie. Tout le reste c’est de la figuration. Avant de partir, assurez-vous d’avoir un rêve assez grand. Comme on le dit souvent, si vous n’avez pas peur c’est que votre rêve est trop petit.

 

Porter le chagrin des départs

Une fois le rêve ancré dans la tête d’un homme, il ne lui reste qu’à se lancer. L’homme qui n’ose pas se lancer reste un thème récurrent chez Brel qui se sert d’une métaphore puissante pour l’illustrer : « Ce qu’il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait
aller à Hong Kong, ça n’est pas d’aller à Hong Kong, c’est de quitter Vilvoorde. » Le voyage est lui aussi la métaphore de toute action qui pousse l’homme en dehors de sa zone de confort.

Les hommes prudents
sont des infirmes.

 

 

Dans sa chanson « Jojo », il nous livre une phrase aussi poétique que révélatrice :« Le monde sommeille par manque d’imprudence ». Brel ne fait pas l’apologie du risque stupide ni la propagande de la roulette russe, il faut bien nuancer le mot imprudence. Il explique que beaucoup de personnes passent à côté de leur destin, sclérosées par la peur du changement, sous l’effet « Je vends des brettelles encore 2 ans et après j’écris un livre. »

 

Brûler d’une possible fièvre

Le talent c’est d’avoir l’envie de faire quelque chose et de travailler pour y arriver. Brel parle de « Travail, sueur et discipline » et il enchérit en expliquant que « L’accident de la nature, je n’y crois pas ; il y a des gens qui travaillent à quelque chose avec une grande énergie ».

Le talent, ça n’existe pas.
Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose.

 

 

Après avoir battu le record mondial de vitesse d’interprétation sur scène, le violoniste David Garrett répond de manière triviale à un journaliste qui lui demande ce qu’il a fait pour réaliser ce prodige, en déclarant tout simplement : « Il n’y a pas de secret, je joue 10 heures par jour depuis mes 6 ans ». Et oui le talent c’est donc du travail !

 

Tout ce que l’on cherche à redécouvrir fleurit chaque jour au coin de nos vies.

Et vous, préférez-vous vous tromper ou regretter de n’avoir jamais essayé ?

 

(1) – Si vous avez aimé cet article, je vous recommande de regarder l’interview de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=Kzk9GFJuewg ainsi que le documentaire diffusé sur France 5 en 1997: « Je m’appelle Jacques Brel » https://www.youtube.com/watch?v=frW_uR6Kfy4