Une histoire d’innovation

ou pourquoi une entreprise ne peut exister sans réinventer son modèle d’affaires!

Il m’arrive souvent de devoir justifier pourquoi une entreprise se doit d’innover non seulement sur ses produits, mais aussi sur la remise en question de son modèle d’affaires. Je n’arrive plus à compter le nombre de fois que l’on m’a dit : « Nous avons toujours fait comme ça, nous n’allons tout de même pas changer ! » Plutôt que d’essayer de convaincre durant des heures aves des études sur les prévisions des ventes, le chemin le plus court reste la fable. Comme toute bonne histoire se doit de démarrer avec « Il était une fois », alors allons-y franchement !

Il était une fois dans l’ouest américain, aux alentours des années 1825, une entreprise qui proposait toutes sortes de transports en diligence : transport de matériel, transport de voyageurs, transport sécurisé de fonds. Au fur et à mesure de l’expansion de la conquête du « Far West » la demande était grandissante et l’entreprise se développait à un rythme soutenu. Le directeur pouvait se réjouir d’une croissance très importante d’environ 35% par année de chiffre d’affaires, ce qui forcément allait de même pour les embauches ainsi que pour l’acquisition de matériaux et de chevaux.

Le directeur vient de signer un contrat très important concernant le déplacement de matériel sur plusieurs années ! Il jubile, en plus c’est un gros client ! Ce contrat porte sur le transport de barres de métal et grandes planches à déposer partout entre Baltimore et différentes villes jusqu’à la rivière Ohio.

En 1830 ce fameux plus gros contrat est arrivé à l’échéance et presque le même jour la voie de chemin de fers entre Baltimore et la rivière Ohio était terminée : le train a été inauguré en grande pompe et on a commencé son exploitation.

« Si vous n’avancez pas, mais que les autres avancent, vous ne restez pas sur place, vous reculez !»

De plus en plus d’usagers des transports se sont mis à prendre le train et à délaisser le transport en diligence. Certes, il reste toujours des destinations que le train ne dessert pas. Mais c’est un coup dur juste après la fin du plus gros contrat de marchandises. En plus, le pourcentage de voyageurs baisse de 25% tandis que le directeur avait planifié une hausse annuelle de 35% pour l’année suivante et il venait d’investir dans 5 nouvelles diligences. L’entreprise se retrouve en surendettement : c’est la faillite.

En se fixant sur les diligences uniquement, cette entreprise n’a plus lieu d’exister. Plutôt que de se voir comme un spécialiste des diligences, l’entreprise aurait du comprendre que le cœur de son métier n’était pas les diligences, mais les transports et qu’elle devait suivre l’évolution de son industrie pour rester dans la course.

Malheureusement, cette histoire ne se termine pas par « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » et comme je me dois de terminer ce conte de manière classique, utilisons une morale : « Au lieu de regarder passer les trains, il est bon de les prendre en route quand il est encore temps ».